Le CCAF regrette l'exclusion de représentants de la diaspora de l'inauguration de l'ambassade d'Arménie

28 avril 2026

Le Bureau National du Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) exprime sa vive désapprobation face à la décision du gouvernement arménien d’exclure de la cérémonie d’inauguration de la nouvelle Ambassade d’Arménie à Paris plusieurs des personnalités représentatives de la communauté arménienne de France : ses Co-présidents, Ara Toranian et Mourad Papazian ; Hovhannès Guevorkian, représentant de la République d'Artsakh en France ; et Monseigneur Krikor Khachatryan, Primat du diocèse de l’Église apostolique arménienne de France.

Cette décision nous apparaît comme une faute regrettable. Elle doit être nommée comme telle.

Une ambassade représente l’État arménien et, au-delà, l’ensemble du peuple arménien dans sa diversité. Elle est la maison commune de toute une Nation, le lieu où l’Arménie se représente dans sa plénitude, sa diversité et dans sa dignité, par-delà les divergences d'idée du moment et les calculs partisans. En choisissant d'en restreindre l’accès à des représentants reconnus de la diaspora arménienne de France, le gouvernement arménien donne l’impression de s’éloigner de cette vocation de rassemblement.

Ce choix suscite une légitime incompréhension.

Exclure Ara Toranian et Mourad Papazian, dont les noms sont indissociables de décennies de combat pour la mémoire, la reconnaissance et la dignité du peuple arménien, révèle une approche que nous jugeons réductrice de ce que représente la diaspora. Le CCAF n’est pas une faction : il est l’une des principales instances représentatives des Arméniens en France. Ecarter des dirigeants élus démocratiquement, c’est prendre le risque d’écarter une part significative de la diaspora structurée 

Exclure Monseigneur Krikor Khachatryan, c’est prendre le risque de heurter profondément l’Église apostolique arménienne, cette institution pluriséculaire qui a traversé les massacres, le génocide, la dispersion, et qui demeure, aujourd’hui encore, un repère spirituel majeur pour notre peuple. Pour rappel, depuis 1995, l’église a gracieusement mis le bâtiment actuel à la disposition de l’ambassade.

Exclure Hovhannès Guevorkian, représentant de la République d'Artsakh en France, c’est envoyer un message négatif quant à la défense sur la scène politique en France les droits des 120 000 Arméniens chassés de leur terre ancestrale, contraints à l’exil, dépossédés de tout. À l’heure où la question de l’Artsakh reste une blessure ouverte dans la conscience arménienne mondiale, ce geste prend une résonance particulièrement grave. Il appelle à des clarifications.

L’Histoire retiendra qu’au soir de l’inauguration de sa nouvelle ambassade à Paris, le gouvernement arménien a semblé privilégier une logique d’exclusion plutôt qu’un esprit de rassemblement, ce qui ne peut que susciter une profonde déception. Ce n’est pas ainsi que l’on renforce un Etat. Nous formons le vœu que cette situation puisse être clarifiée dans un esprit de dialogue.