Commémoration nationale du 111ème anniversaire du génocide des Arméniens - 24 avril 2026 - Paris

24 avril 2026

Une journée de commémoration républicaine et transpartisane

La journée nationale de commémoration du 24 avril s’est traditionnellement ouverte, à Paris, par la cérémonie organisée à l’Hôtel de Ville, à l'invitation du Maire de Paris, M. Emmanuel Grégoire, en présence des coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, de S.E.M. l'Ambassadeur d'Arménie en France, Arman Khachatryan, ainsi que de représentants institutionnels, associatifs et religieux.

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La journée nationale de commémoration s'est poursuivie avec la cérémonie républicaine sur l'Esplanade d'Arménie, qui a réuni comme chaque années des personnalités politiques de premier plan et de tous horizons parmi lesquelles M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, M. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, M. Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, M. Hervé Marseille, président du groupe Union Centriste au Sénat, représentant M. Gérard Larcher, président du Sénat, M. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Mme Anne-Louise Mesadieu et M. Éric Schahl, représentants de Mme Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, de Mme Catherine Lecuyer, maire du 8e arrondissement de Paris ainsi que de nombreux parlementaires, élus, responsables associatifs témoignant d'une mobilisation transpartisane qui rappelle que la défense du peuple arménien et de sa mémoire fait, en France, l'objet d'un consensus républicain.

 

  

 

 

Le traditionnel dépôt de gerbes officiel, sur l’Esplanade d’Arménie, au pied de la statue du Révérend Père Komitas, a été suivi des prises de parole officielles.

M. Ara Toranian, coprésident du CCAF

Ara Toranian a établi une continuité directe entre l'idéologie qui a rendu le génocide de 1915 possible et les événements de 2023 au Haut-Karabakh, rappelant que le panturquisme n'a pas disparu. Il a évoqué le sort des 19 prisonniers arméniens de Bakou comme symbole d'une politique d'humiliation qui dépasse leur seule personne. Saluant la résolution votée à l'unanimité le 3 février à l'Assemblée nationale, il a conclu sur une exigence de cohérence entre les mots et les actes.

« Il existe une ligne directe entre 1915 et ce qui s'est produit en 2023 au Haut-Karabakh. Ces mots engagent. Nous formons l'espoir que les actes suivent. »

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M. Mourad Papazian, coprésident du CCAF

Mourad Papazian a rappelé la place singulière de la France dans l'histoire du peuple arménien - une France qui a reconnu le génocide, accueilli ses survivants, et vu leurs descendants s'y enraciner pleinement. Mais il a averti que la mémoire seule ne suffit pas : elle exige un courage politique. Au nom du CCAF, il a exhorté la France à porter haut sa voix devant les instances internationales, à réclamer la libération des 19 otages arméniens détenus à Bakou, et à défendre sans ambiguïté la souveraineté de l'Arménie.

« Avoir une mémoire ne suffit pas. Il faut avoir un courage. La France doit être avec les Arméniens. La France doit être avec l'Arménie. La France doit être avec les Arméniens du Haut-Karabakh. »

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M. Emmanuel Grégoire, maire de Paris

Emmanuel Grégoire a rappelé que la mémoire du génocide n'est pas un devoir figé mais un combat permanent : contre l'oubli, contre le négationnisme, pour la dignité du peuple arménien. Il a souligné que tant que la Turquie refusera de reconnaître les crimes commis, ni justice ni réparation ne seront possibles, et a réaffirmé l'engagement indéfectible de Paris aux côtés des Arméniens du monde entier.

« La mémoire est un combat permanent. Tant que la Turquie ne reconnaîtra pas les crimes commis, il n'y aura pas de justice, il n'y aura pas de pardon, il n'y aura pas de réparation. »

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M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur

Prenant la parole au nom du gouvernement, Jean-Didier Berger a réaffirmé l'attachement de la France à la vérité historique et retracé les étapes qui ont conduit à la reconnaissance légale du génocide. Il a réaffirmé le soutien indéfectible de la France à l'Arménie : diplomatique comme militaire.

« L'Arménie peut totalement compter sur le soutien indéfectible de la France. La souveraineté d'un pays ami ne se négocie pas. »

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Près de 100 élus français interpellent le gouvernement dans Le Figaro

À l’occasion de cette journée nationale de commémoration, une tribune publiée dans Le Figaro a été signée par près de 100 élus français de tous bords  à l’appel du CCAF.

Ensemble, les signataires appellent le gouvernement français à tirer toutes les conséquences politiques et diplomatiques des violations graves du droit international liées au déplacement forcé des Arméniens du Haut-Karabakh. Ils appellent également à la France à œuvrer pour des sanctions européennes ciblées contre les responsables azerbaïdjanais et à exiger la libération immédiate des otages arméniens détenus à Bakou.

Cette mobilisation transpartisane rappelle que la défense du peuple arménien, le soutien aux Arméniens d’Artsakh, la protection de la souveraineté de l’Arménie et l’exigence de justice doivent rester au cœur de l’action diplomatique française.

Un devoir de mémoire indissociable des enjeux actuels

À l’issue de la cérémonie républicaine, plus de 4 000 Français d’origine arménienne et amis de la cause arménienne ont participé à la marche qui s'est déployée depuis la place du Canada jusqu’à l’annexe de l’ambassade de Turquie, située sur les Champs-Élysées.

Cette mobilisation a rappelé les revendications portées par le CCAF : la reconnaissance pleine et entière du génocide des Arméniens par la Turquie, la fin du négationnisme d’État, la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers arméniens détenus à Bakou, le respect du droit au retour des Arméniens d’Artsakh dans des conditions de sécurité et de dignité, ainsi que la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Arménie face aux menaces persistantes de l’Azerbaïdjan.

Le 24 avril n’est pas seulement une date de recueillement. Il rappelle aussi que la mémoire du génocide des Arméniens demeure indissociable des combats actuels pour la justice, la reconnaissance et la protection du peuple arménien. 

Des cérémonies similaires se sont également tenues à Lyon, Marseille et dans des centaines de collectivités territoriales à travers la France, témoignant de l’ampleur nationale de cette commémoration.

111 ans après, le combat pour la mémoire, la vérité et la justice continue.

 

 

Crédits photos : Anthony Mkrtchyan, Melkon Ajamian