Le CCAF constate avec regret et amertume les conséquences tragiques de l’agression turco-azerbaïdjanaise sur l’intégrité de la République du Haut-Karabakh et sur sa population

Le CCAF, qui s’est fortement mobilisé contre l’entreprise de nettoyage ethnique lancée le 27 septembre par la coalition turco-azerbaïdjanaise, constate avec regret et amertume les conséquences tragiques de cette agression sur l’intégrité de la République du Haut-Karabakh et sur sa population.

Il dénonce la lâcheté des forces du panturquisme qui se sont abritées derrière la supériorité technologique de leur armement et les moyens colossaux de leur logistique pour mener une guerre d’anéantissement à distance, par drones et djihadistes interposés. Il déplore l’absence de réaction concrète de la communauté internationale, dont celle de la diplomatie Française, qui n’a jamais vraiment tenté d’arrêter la main des bourreaux, pourtant ennemis revendiqués de la démocratie.

Le CCAF salue en revanche l’immense courage des soldats arméniens qui, six semaines durant, ont héroïquement tenu tête à cette machine à tuer constituée par la deuxième armée de l’OTAN et financée par l’argent du pétrole. Personne, en présence d’un tel rapport de force n’aurait pu faire mieux. Il s’incline devant leur sacrifice et présente ses condoléances à leurs familles, à la République du Haut-Karabakh et à l’Arménie.

Comme l’ensemble du peuple arménien, les citoyens Français d’origine arménienne, descendants des rescapés du génocide de 1915, dénoncent l’impérialisme de l’axe Ankara-Bakou, qui est animé par les mêmes ressorts et obéit aux mêmes mobiles que la matrice ottomane dont il se réclame.

Face à cette terrible réalité, le CCAF appelle la diaspora à se mobiliser autour de l’Arménie et de l’Artsakh pour défendre le droit à l’existence de ces deux États. A l’instar d’importantes collectivités territoriales et de nombreux élus, il invite le gouvernement français à reconnaître la République du Haut-Karabakh, qui ne saurait intégrer un État ayant déclaré la guerre à ses habitants, de surcroit quand ils sont qualifiés de « chiens » et traités comme tel.

Il enjoint toutes les forces du pays à ne pas se satisfaire de boucs émissaires pour expliquer ce nouveau désastre et à en analyser ensemble les raisons. En ce qui concerne les troubles en Arménie, il appelle à l’apaisement, à l’unité, au dialogue et à la démocratie qui sont les conditions la reconstruction nationale et les ferments de toute résilience politique.

Il attire enfin l’attention de l’Europe et de la France en particulier sur les dangers du panturquisme et de son corollaire djihadiste, dont les ambitions ne se limitent pas au Sud-Caucase. Le verrou arménien contre la barbarie est affaibli. Mais il tient encore. Garantir sa survie, c’est protéger la liberté. Il est encore temps d’en prendre conscience et d’agir en conséquence.

Paris, le 16 novembre 2020
Bureau national du CCAF
Conseil de coordination des organisations arméniennes de France

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